Et après le 8 mars ?
La journée du 8 mars est passée ! Un grand ouf de soulagement est poussé par les femmes, qu'elles l'avouent ou non. Car finalement, ce ne sont pas des fleurs, des cadeaux, symboliques ou précieux, qui changent quelque chose à une situation dénoncée 364 jours et passée sous silence 1 jour, sous l'appellation de la +Journée de la femme+.
Cette appellation même est contestée et taxée de « sexiste », car avancent les féministes de par le monde, si cette journée créée par Lénine pour les travailleuses, a par la suite été promulguée par l'ONU, puis instituée sous le nom de « Journée internationale des droits des femmes », c'est pour défendre des droits. C'est donc celle des DROITS des femmes, et non pas celle « des femmes sans droits ».
D'aucuns seraient tentés d'avancer le classique « l'on n'a pas besoin d'une journée dans l'année pour penser aux droits des femmes, cela voudra dire que l'on ne s'en préoccupe pas les 364 autres jours… », à l'instar du « on n'a pas besoin d'un jour dans l'année pour s'aimer (Saint Valentin) ». Mais ce n'est pas aussi simple !
Pourquoi s'accrocher à une journée dans l'année, alors que toutes les autres pourraient être une fête aussi ? La femme a-t-elle besoin de la reconnaissance « internationale » et d'un « jour dédié » pour connaître sa valeur ? Mesurer son importance ? Savoir, et être sûre, que sans elle la vie même serait impossible ?
Mais en fait que fête-t-on ce jour-là ? Que peut-on fêter, alors que toutes les études, tous les rapports, toutes les enquêtes de terrain, sans exception aucune, révèlent que les femmes sont lésées, sous-valorisées et surexploités tout en étant moins bien rémunérées.
Une chose est certaine, la gente féminine, pourtant toute contente d'avoir été l'objet de tous les égards ce jour-là, affiche néanmoins une mine blasée, un petit air de « je m'en fous royalement », car le plus important est ailleurs.
Des chiffres qui choquent
Comment peut-on parler de droits des femmes, et fêter la Femme, quand le dernier rapport de l'ONU, révèle que chaque jour, 140 femmes ou filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d'un parent proche, ce qui signifie qu'une femme/fille est tuée toutes les 10 minutes.
Ainsi, est-il souligné, 85.000 femmes ont été tuées de manière intentionnelle en 2023 et le domicile reste « l'endroit le plus dangereux » pour elles, puisque 60% ont été tuées par « leur conjoint ou d'autres membres de leur famille ».
Comment célébrer la femme quand :
- 64% des pauvres dans le monde sont des femmes.
- les femmes sont 19% moins bien rémunérées que les hommes.
- 50% de la population mondiale en âge de travailler sont des femmes, mais seulement 39% d'entre elles ont un emploi
- Deux tiers (2/3) des analphabètes dans le monde sont des femmes, alors même que l'accès à l'éducation est un vecteur d'égalité.
- 20% des femmes de 20 à 24 ans, ont été mariées avant leur majorité.
- 67 pays ne considèrent pas les violences domestiques comme un crime, et 43 autres n'ont aucune législation concernant la question du viol conjugal.
- 58% des femmes et des filles ont été victimes de harcèlement en ligne
- une femme sur 3 a été victime de violence fondée sur le genre
Avec leur rose à la main, mais aussi un pincement au cœur, les Femmes semblent vouloir crier à la face du monde : Nous préférerions l'action aux célébrations, car celles-ci n'ont pas permis, depuis des décennies, d'instaurer une égalité de droits, une égalité tout court.
Le 8 mars restera, jusqu'à preuve du contraire, un pur produit mercantile, tout en symboles, mais qui sonne comme une coquille vide.
La Journée de la femme sera réellement fêtée le jour où chaque femme, au Yémen, en Syrie, au Bangladesh, au Nigéria, en Inde, en Palestine, en RDC, au Maroc, et même aux USA ou en Australie, pourra enfin vivre librement et dignement.

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